Gutachten sollen öffentlich gemacht werden – das ist eine nicht mehr ganz neue Transparenzdevise von manchen Wissenschaftlern. Denn fast nie werden die vollständigen Gutachten oder gar die Namen der Gutachter publiziert.

Ob Deutsche Forschungsgemeinschaft oder sonst eine Wissenschaftsförderungsanstalt, reden wir nicht von der europäischen Förderungspraxis – Durchsichtigkeit: Fehlanzeige. Dagegen könnten die (mit guten Gründen fechtenden) Verfechter der Transparenz des Beurteilens, bei Lichte betrachtet, performativ in den Kampf ziehen. Sie brauchten nur ihre eigenen Gutachten offenlegen, unter Nennung von allem, was die Betroffenen und die Anderen gern wissen würden, aber eben nicht erfahren. Mit anderen Worten: Nicht nur reden, sondern tun. Dies geschieht allerdings mitnichten. Kaum einer – mir ist jedenfalls noch keiner zu Ohren gekommen – geht mit « gutem Beispiel » voran, um die herbeigesehnte gute Praxis der guten wissenschaftlichen Transparenz in Förderungssachen zu praktizieren. Hier nun also ein kleiner performativer Steinwurf ins tiefe Wasser. Es geht um die Frage der Finanzierung französischer Übersetzungen von deutschen geisteswissenschaftlichen Büchern. Ich habe dafür geschrieben eine

Note de lecture

sur

Cornelia Vismann, Medien der Rechtsprechung, S. Fischer, Frankfurt am Main 2011

Commençons par la fin : « Les médias de la jurisprudence imprègnent le 21ème siècle qui, d’après Jacques Derrida, est un siècle du pardon et qui se présente néanmoins plus que tout comme un siècle des tribunaux ».

Certes, peut-être. Mais peut-être pas. A vrai dire, c’est difficile à dire au début de ce même siècle. En tout cas c’est un peu le son du livre de Cornelia Vismann. On a affaire à une sorte de discours pastoral, à une prière, à un prêche. Ce n’est pas vraiment gênant. Pourquoi pas, pourquoi ne pas se livrer à des sentiments, à des impressions, à des observations subjectives, molles, si on veut – puisque les analyses de type analytique, objectif, rationnel ne sont elles même rien d’autre qu’un produit issu d’une subjectivité incontournable, déguisé en résultats de recherche ? Ce qu’il faut craindre le plus, ce sont les résultats. Les résultats enferment, mettent fin aux questions, définissent l’arrêt de la pensée.

Donc, pas de problème avec le style, l’aspect primordial, existentiel de la démarche de Cornelia Vismann. Au contraire : c’est (en partie) un chant, un chant des divers modes de parler et d’avoir parlé le droit, de montrer et d’avoir montré le droit, donc le parloir du droit. Cinéma, littérature, art, science, doctrine – tous ces mondes s’entrelacent dans les histoires que raconte CV.

Mais il y a quelque chose qui gêne. L’association, les associations, le monde des causalités implicites, l’univers de l’allusion, la machine de la rencontre de ce qui n’est pas voisin vit d’un fil invisible qui lie les histoires, qui fait qu’à la fin on voit dans les histoires une histoire, un récit, quelque chose de tangible. En l’occurrence, ici, sous ce titre : la jurisprudence.

Et elle est bizarrement absente, cette jurisprudence. CV parle de Kleist, de Eschyle, Nuremberg, la télé dans la cour, le tribunal de la Yougoslavie, le Remote judging – mais tout cela n’a que peu avoir avec la jurisprudence, les salles de justice de tous les jours, les jugements quotidiens. Non, le livre ne traite pas les médias de la jurisprudence, mais certains médias d’une toute petite partie de la jurisprudence qui, certes, est médiatique. Mais qui de nos jours contesterait la médiatisation des grands procès ? Rien de nouveau sous le soleil. Et qui nous racontera en revanche la quotidienneté de la jurisprudence en général ?

La grande division, la principale juxtaposition binaire de CV est le théâtre et le « agon ». Il y aurait une justice-théâtre (la jurisprudence ordinaire) et une justice-combat (la justice extraordinaire). Ce qui est oublié dans cette analyse est la justice-ennui, la justice-plombier, la justice-voisin. Là, dans la justice qui nous concerne tous – un jour ou un autre – toutes les caméras, tous les câbles de la machinerie des médias, tous les interprètes et tous les théâtres, donc tout ce qui occupe des pages et des pages chez CV, est anodin, inexistant.

Non, à la fin reste un étrange sentiment de vouloir-être. Le thème veut être, mais il n’est pas, il ne l’est pas dans l’universalité que prétend CV.

Notre siècle, un siècle de tribunaux (hyper-médiatisé) ? Ce sera assez probablement un siècle de jurisprudence, de tribunaux – comme les siècles précédents.

Donc, en somme, il vaudrait mieux, si on veut déjà se lancer dans la théorie des médias, traduire un livre de Friedrich Kittler, l’ami et le héros de CV. Par exemple « Aufschreibesysteme » (systèmes d’écriture).

Ou, si on veut traduire quelque chose de Cornelia Vismann, qui est certainement une des juristes-penseurs les plus originales en Allemagne, ce devrait être sa thèse (qui ne se lit pas comme une thèse) : « Akten » (dossiers). C’est une histoire des dossiers juridiques de l’antiquité à nos jours, fascinante et point brumeuse.